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A star is born

2 février 2011

En 2010, Greenpeace s’est surpassé dans la réalisation de campagnes de sensibilisation vidéo.

Ma « préférée » dénonçait l’utilisation massive d’huile de palme et l’annhilition des ourangs-outangs qui en résulte. Etait particulièrement visé le groupe Nestlé, mais on ne saurait bien-sûr oublier Unilever et Kraft.

Depuis lors, ces groupes marchent sur des oeufs et ont pris quelques mesures timides (ou mesurettes). Cependant, la vraie réussite de cette vidéo consiste à provoquer une vaste prise de conscience des consommateurs. L’huile de palme n’est plus un ingrédient anonyme, Greenpeace en a fait une « star » qui quoi qu’il se passe vivra sous les feux des projecteurs.

Impossible de passer inaperçue. Partout et tout le temps des gens pour poser des questions. De plus en plus de questions… Désormais l’effet boule de neige peut prendre d’un instant à l’autre, jusqu’au moment où de vraies solutions (qui n’aient pas de durable que le nom) soient trouvées et les mesurettes releguées aux… oubliettes.

En 1er, la version internationale (la plus crue), puis la version allemande (plus cartoonesque).

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TRY AND SEE

16 janvier 2011

Adolescente, j’ai vu un documentaire à la télévision qui a littéralement fait bouillir le sang dans mes veines (la coagulation en moins), a déclenché un compte à rebours qui court encore.
Le sujet de ce documentaire et son personnage principal ont secoué mes deux hémisphères de silex cérébral et provoqué une étincelle électrique. Un éclair d’énergie pure qui a zebré à jamais ma vie. A tatoué dans mon esprit un fait invicible :

la possibilité éclatante d’inverser le cours des choses, réparer l’irréparable, reconstruire les ruines, défier la fatalité.

Le sujet du documentaire : Transformer le désert laissé par l’exploitation d’une mine de ciment en une forêt. En un oasis d’explosion végétale. En une réserve animale visitée par des milliers de personnes.
Le personnage principal : Dr. René HALLER. Le héros.

Jamais entendu un truc pareil, c’était les années 90, le développement ne voulait même pas être durable. Des messages de destruction de partout dans le monde. L’impuissance et l’angoisse. L’apocalypse était le scenario optimiste.
Un merveilleux choc.

Comment le Dr. HALLER s’y est-il pris ?
On est au Kenya, début des années 60, René est le jeune agronome suisse employé par une cimenterie pour diriger la ferme produisant fruits et légumes pour ses employés. Aux abords de la ferme : un paysage minéral, complètement désert, la lune au pied de la porte. Une mine de ciment exploitée jusqu’au bout, dépecée, vidée, laissée agonisante sous le soleil de l’équateur.

Rien à faire. Faut bien du ciment pour construire les maisons, on peut pas faire autrement. C’est comme ça. Imparable.
Pas pour René HALLER.

Il n’a pas 30 ans qu’il persuade la cimenterie de le laisser tenter une expérience. Il ne coûte rien d’essayer. Sa devise : TRY AND SEE.
Alors il essaie 26 essences d’arbres avant de trouver la seule suffisamment résistante pour s’implanter dans un sol quasiment dépourvu de nutriments organiques, il tient son espèce dite « pionnière ». Les feuilles de cette essence ressemblent à des aiguilles de Pin, leur surface réduite au minimum pour mieux résister à la sécheresse. Quand ces feuilles-aiguilles tombent, des microorganismes et des mille-pattes s’y développent qui les transforment en nutriments organiques. En humus, où d’autres végétaux peuvent désormais se développer. Naissance de la Baobab Farm.
Sortie de déroute et entrée dans le cercle vertueux.

À toute espèce pionnière, son pionnier, René HALLER.
Et bien sûr l’esprit d’expérimentation, le refus des évidences, la révolte constructive, ont trouvé leur meilleur partenaire dans la qualité la plus absolue de la vie, de la Nature.
LA RESILIENCE.
Réparer l’irréparable.

Quand il a fallu choisir un stage de deuxième année lors de mes études d’agronomie, aller parfaire mes connaissances à la Baobab Farm était plus qu’une évidence. J’ai même pu entraîner deux amis de promo avec moi et nous avons eu la chance de côtoyer pendant plus de 2 mois, le Dr HALLER. Cet homme humble a traversé sa vie doté d’un esprit curieux, inventif et optimiste. Il a réussi ce que personne ne croyait possible. Au-delà même de la « prouesse écologique », il est l’exemple d’une existe pleine et sans peur. Ainsi, il insistait pour que nous n’ayons pas peur d’échouer, qu’il fallait tenter et que même nos échecs étaient de précieuses sources d’informations. Lui-même, le modèle, l’exemple de la réussite, répétait sereinement avoir commis beaucoup d’erreurs. Erreurs qu’il a surmontées, dans un parfait esprit de …. RESILIENCE !

Mettre ses peurs au vestiaire et faire vivre ses idées, ses idéaux, c’est ça réussir sa vie. C’est ça s’épanouir, s’accomplir, être heureux. Lutter pour inverser le cours des choses est plus simple qu’il n’y paraît.

TRY AND SEE.

La modestie des grandeurs

29 décembre 2010

Il y a quelques mois de cela, j’ai entamé un changement de vie, avec pour ligne de conduite la fameuse citation de Ganhi “Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. »

Cette phrase a tout du principe de vie car elle implique à la fois une dimension de responsabilité (ne pas attendre des solutions mais en proposer) et aussi de puissance (chacun a le pouvoir d’infléchir le cours des choses).

On pourrait compléter cette maxime, pour lui donner une dimension plus accessible, par l’idée selon laquelle tout grand changement commence par de petits changements. En effet, même les inventions qui ont tout bouleversé sur leur passage, parfois en des temps records, sont le résultat d’années de recherches. Autrement dit voir grand est nécessaire pour définir les vrais objectifs de ses actions et leur raison d’être, mais non suffisant car l’ampleur de la tache peut parfois tuer l’enthousiasme dans l’œuf ou éparpiller les efforts sans résultat.

Il convient donc de conjuguer une vision exigeante et ambitieuse avec une mise en œuvre non pas timide ou fragmentaire, mais tout simplement pragmatique. Ceci en bâtissant un plan d’action qui procède par étapes intermédiaires, de la plus simple à la plus complexe, et ainsi avancer d’un pas à pas décidé.

C’est à cette conclusion que je suis parvenue au terme de ces derniers mois. Ce principe d’étapes n’étant pas toujours forcément évident à intégrer, voire être même frustrant, car l’on veut toujours tout changer tout de suite. Mais je suis désormais persuadée que c’est la meilleure voie à suivre.

Finalement, on peut rêver comme un fou à condition d’agir avec détermination et modestie. En somme, pour bâtir un vrai grand changement, il faut avoir la modestie des grandeurs.

Qui veut gagner $5,000,000,000,000 ?

16 octobre 2010

Ce chiffre insensé, c’est le coût économique de la perte annuelle de la biodiversité dans le monde. Il ne provient pas d’une organisation écologiste mais d’un groupe de travail (The Economics of Ecosystems and Biodiversity) mandaté par les gouvernements allemand, britannique et norvégien, et qui est présidé par un ancien banquier.

Mais comment arrive-t-on à pareille perte économique ?

Cela s’explique facilement à la lumière des 20% d’espèces actuellement en train de disparaître, et quelques unes des conséquences immédiates :

– perte d’emplois liés à l’exploitation de la ressource épuisée (ex : poissons sur-péchés)

– perte de terres et donc de revenus agricoles dans les zones déboisées (ex : désertification galopante en Chine ; ex : engloutissement de zones côtières au Sénégal)

– coûts de reconstructions suite aux catastrophes dues à la destruction de milieux régulateurs (ex : inondations récentes du Pakistan liées aux abattages illégaux dans les forêts de la province de Khyber-Pakhtunkhwa)

– perte des ressources biologiques nécessaires à la fabrication des médicaments d’aujourd’hui et de demain (ex : agents anti-tumoraux issus d’arbres ou d’organismes marins)

Et bien d’autres encore… En sommant tous ces dommages, de plus en plus collatéraux, on arrive à une somme astronomique de $5,000,000,000,000. Mais bien plus que le chiffre, c’est la perte qui est insensée.

Impossible en réalité de quantifier la vie car contrairement à cet adage odieux « nul n’est irremplaçable », nous sommes tous irremplaçables (a-t-on déjà vu quelqu’un retrouver ou racheter le remplaçant d’un proche disparu ?). Aucune vie donc ne se substitue à une autre. Ceci vaut tant pour les humains que pour toutes les espèces vivantes, chacune jouant un rôle dans son écosystème et participant au bon fonctionnement d’un équilibre, menacé par sa disparition.

Quoi faire pour enrayer ce processus ? Voici quelques exemples d’actions à impact positif sur la biodiversité :

– ALIMENTATION : consommer des produits de saison, choisir les espèces de poissons non menacées, privilégier quand on le peut les produits bio, éviter les aliments avec « matière grasse/huile végétale » dans la composition

– PAPIER : réduire sa consommation (minimiser les impressions et imprimer recto-verso) et n’acheter que des produits à base de papier recyclé et labellisé FSC ou PEFC (qui s’apposent aussi sur les MEUBLES en bois) et trier (poubelle jaune)

Ces actions sont simples et on peut tous les mettre en œuvre de manière immédiate, pour le bien de toutes les espèces y compris humaine.

Nous avons tout à y gagner, notamment le bonheur d’exister intelligemment.

Et ceci vaut bien plus que $5,000,000,000,00.

Dépasser l’overshoot ?

25 septembre 2010

En cette période de l’année nous avons franchi une limite.
Laquelle ? Celle du Global Overshoot Day 2010.
En français : le Jour du Dépassement pour l’année 2010 qui a eu lieu le 21 août. Non, toujours pas ?
Entre le 1er janvier et le 21 août, nous avons consommé toutes les ressources que la Nature peut produire sur 1 an.

A partir de maintenant donc, nous vivons symboliquement à crédit jusqu’au 31 décembre, c’est à dire que l’on puise dans les réserves non renouvelables. Le calcul obtenant ce jour permet de rendre plus concret notre dépense des ressources naturelles (ou Empreinte écologique) et a été proposé par l’ONG canadienne Global Footprint Network.

Overshoot day 2010

Overshoot day 2010

Ce calcul ne tient pas compte du crédit qui s’accumule d’année en année, de notre dépendance à du non renouvelable qui augmente sans cesse, ceci pour des raisons pédagogiques tout autant que psychologiques. En réalité, si à partir d’aujourd’hui on reportait le crédit de l’année précédente sur l’année en cours, voici le calendrier des Jours de Dépassement (nous considérons pour simplifier qu’on retranche à chaque fois 3 mois de crédit et que la dépense de l’année en cours est constante) :

2010 : 21 août 2010

2011 : 21 mai 2011

2012 : 21 février 2012

2013 : 21 novembre 2012

L’année n’a pas encore commencé qu’on dépense ce que l’on a plus. Psychologiquement, ça ne se combine pas très bien avec les bonnes résolutions du Nouvel An…

Alors restons-en sur le jour du 21 août comme symbole, éloquent et « raisonnable », même si il est bien entendu que nous vivons à crédit depuis déjà des décennies, et agissons concrètement pour diminuer notre dépendance au non-renouvelable. Les champs d’action qui viennent en premier à l’esprit sont les carburants de voiture et aussi tous les produits issus du pétroles qui ont omniprésents dans notre quotidien, sous forme de plastique, par exemple.

A nous de les consommer avec modération et de faire pression sur les industriels pour qu’ils nous proposent des solutions alternatives durables. Vraiment et globalement durables. Et pour être sûrs de les obtenir, et pas juste des pseudo-solutions enrobées de greenwashing, c’est à nous consomm’acteurs de nous se dépasser.

Sucre d’horreur

3 septembre 2010

Un exemple flagrant des erreurs que l’on peut commettre avec une vision parcellaire d’un problème est donné aujourd’hui par certains groupes de produits de grande consommation (biens et emballages). Dans un désir tout à fait louable, et en réalité vital à leur survivance, de montrer qu’ils s’inscrivent dans le développement durable, ceux-ci ont décidé d’utiliser pour leur emballages du « bio-plastique » issu de sucre du Brésil.

Magique ! Le progrès écologique en marche. Samba !

Ecologique… ? La déforestation pour créer des champs de canne à sucre sur des centaines d’hectares ? Les tonnes d’engrais et de pesticides utilisés ? Les détournements de rivières ?

Certes non… Mais ce n’est pas tout, ce qui est bafoué par les zélateurs du sucre brésilien c’est aussi l’autre pilier fondamental sur lequel repose le développement durable.

L’Homme. Pas seulement l’homo I-Phonus, mais TOUS les hommes.

Et si l’on entend bien que le développement durable se doit aussi d’être social, de favoriser la dignité des tous et l’équité dans le partage des richesses, alors là tout se complique très dangereusement…

Les plantations de canne c’est d’abord les expulsions des indiens Guarani et la confiscation de leurs terres. Ajoutons maintenant l’injure à la blessure : pour tous ceux qui ont du mal à s’imaginer la vie des esclaves « au temps des plantations », qui paraît relever de la Guerre de Sécession, du temps d’avant l’Abolition… il n’y a pas à aller chercher si loin dans le passé.

L’esclavage existe encore.

Objectif d’une journée d’un « ouvrier » de plantation de canne au Brésil : 3,5 tonnes de canne coupées à la machette, sous l’oeil de son contre-maître (armé).

Durée de carrière moyenne : 12 ans.

Un excellent de article de Der Spiegel : Les esclaves brésiliens de l’éthanol (30/04/09) repris par Courrier International explique cela de manière très claire.

Morceaux choisis :

« Ils  travaillent six jours par semaine. Da Silva gagne environ 400 reais par mois (130 euros) pendant les cinq ou six mois que dure la saison. (…) un kilo de haricots coûte déjà 5,80 reais (2 euros) »

« Antônio a appris les lois de la canne à sucre avant même de savoir couper correctement. La première, c’est que la seule loi, c’est celle du feitor, le contremaître. C’est lui qui fixe le salaire, qui décide qui doit partir et qui peut venir. Antônio a appris qu’on peut tomber raide mort en travaillant sous un soleil de plomb sans avoir assez d’eau, comme c’est souvent le cas.

Alors lorsqu’au nom de ce qui est devenu, il faut bien le dire « l’écologiquement correct« , on prétend que des emballages issu de sucre ou que le carburant à l’éthanol est une solution d’avenir, c’est se précipiter bien vite aux micros des effets d’annonce. C’est aussi ignorer, sciemment ou non, toutes les données d’un problème.  Et ceci, comme dans un exercice de mathématiques, ne peut aboutir qu’à une seule chose : une solution fausse.

Et en l’ocurence, une solution fausse et atroce.

PS : Le site d’une ONG qui travaille depuis 2006 sur ce problème : Sucre-Ethique, permet de suivre l’évolution de la situation.

Et la palme est decernée à…

10 août 2010

D’après les chiffres qu’on peut lire dans une étude menée en Indonésie (Persey, 2010) on peut déduire que les principaux responsables de la déforestation ne sont pas la culture de l’huile de palme mais… suspense…

la production de bois d’œuvre, de pâte à papier et de charbon de bois.

A eux donc les palmes du désastre : sur les 21 millions d’hectares de forêt primaire rasée en Indonésie entre 1990 et 2005, ils représentent 18 millions contre 3 millions pour la création de palmeraies.

Même si ces chiffres sont à nuancer par rapport à l’augmentation galopante de consommation d’huile de palme depuis 2005, ils n’en demeurent pas moins intéressants car ils nous alertent sur la portée plus générale du problème.

Mais alors pourquoi continuer de s’attaquer néanmoins à l’huile de palme ? Serait-ce prendre le problème par le petit bout de la lorgnette ? Ne faudrait-il pas mieux juste choisir de ne pas imprimer tel ou tel document, choisir une table basse en chêne plutôt qu’en teck ?  Et le problème du charbon de bois, qu’est-ce qu’on peut y faire puisque celui-ci est aussi nécessaire aux populations locales (j’y reviendrai dans un prochain article)? L’huile de palme n’est finalement pas tellement significative ?

NON. DEFINITIVEMENT NON.

Bien-sûr, il importe de veiller aux meubles qu’on achète et au papier qu’on utilise, mais ceci n’invalide pas notre rejet de l’huile de palme. Tout simplement parce que la lutte contre son utilisation massive dans toujours plus de produits, met en jeu des grands acteurs (Unilever, Nestlé, Kraft, L’Oréal) qui sont plus facilement identifiables par les consommacteurs au quotidien, que les acteurs mondiaux de la filière bois. La possibilité d’agir est donc à notre portée immédiate.

D’autre part, ces groupes sont particulièrement sensibles à leur image de marque, ils sont donc obligés de réagir vite. Groupes de travail avec des ONG, nouvelles normes mises en place, sortie de l’ombre des populations spoliées de leur terres qui sentent une possibilité de résister, attention des politiques au plus haut niveau…. Toute l’attention portée à la déforestation, ainsi  démultipliée au niveau mondial aussi bien que local, ne permettra plus à aucun des acteurs en jeu dont ceux de la filière bois, de continuer d’agir impunément.

C’est pour cela que cette lutte quotidienne et en apparence banale ne fait que commencer. Par nos paquets de biscuits et nos shampooings.

Mais qu’on ne s’y trompe pas. Ceci n’est qu’un début.

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