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Et la palme est decernée à…

10 août 2010

D’après les chiffres qu’on peut lire dans une étude menée en Indonésie (Persey, 2010) on peut déduire que les principaux responsables de la déforestation ne sont pas la culture de l’huile de palme mais… suspense…

la production de bois d’œuvre, de pâte à papier et de charbon de bois.

A eux donc les palmes du désastre : sur les 21 millions d’hectares de forêt primaire rasée en Indonésie entre 1990 et 2005, ils représentent 18 millions contre 3 millions pour la création de palmeraies.

Même si ces chiffres sont à nuancer par rapport à l’augmentation galopante de consommation d’huile de palme depuis 2005, ils n’en demeurent pas moins intéressants car ils nous alertent sur la portée plus générale du problème.

Mais alors pourquoi continuer de s’attaquer néanmoins à l’huile de palme ? Serait-ce prendre le problème par le petit bout de la lorgnette ? Ne faudrait-il pas mieux juste choisir de ne pas imprimer tel ou tel document, choisir une table basse en chêne plutôt qu’en teck ?  Et le problème du charbon de bois, qu’est-ce qu’on peut y faire puisque celui-ci est aussi nécessaire aux populations locales (j’y reviendrai dans un prochain article)? L’huile de palme n’est finalement pas tellement significative ?

NON. DEFINITIVEMENT NON.

Bien-sûr, il importe de veiller aux meubles qu’on achète et au papier qu’on utilise, mais ceci n’invalide pas notre rejet de l’huile de palme. Tout simplement parce que la lutte contre son utilisation massive dans toujours plus de produits, met en jeu des grands acteurs (Unilever, Nestlé, Kraft, L’Oréal) qui sont plus facilement identifiables par les consommacteurs au quotidien, que les acteurs mondiaux de la filière bois. La possibilité d’agir est donc à notre portée immédiate.

D’autre part, ces groupes sont particulièrement sensibles à leur image de marque, ils sont donc obligés de réagir vite. Groupes de travail avec des ONG, nouvelles normes mises en place, sortie de l’ombre des populations spoliées de leur terres qui sentent une possibilité de résister, attention des politiques au plus haut niveau…. Toute l’attention portée à la déforestation, ainsi  démultipliée au niveau mondial aussi bien que local, ne permettra plus à aucun des acteurs en jeu dont ceux de la filière bois, de continuer d’agir impunément.

C’est pour cela que cette lutte quotidienne et en apparence banale ne fait que commencer. Par nos paquets de biscuits et nos shampooings.

Mais qu’on ne s’y trompe pas. Ceci n’est qu’un début.

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